pourkoijeveille

Un site non-officiel créé par des veilleurs et des sentinelles pour témoigner

Chaque sentinelle est responsable de tout l’empire

1 commentaire

« Quelle perte de temps ! »,
« Tu as bien des choses plus importantes à faire ? »,
« En quoi çà te concerne ? »,
« Laisse tomber, le ‘Mariage pour tous’ est passé ».

Autant de phrases reçues en pleine figure !

A mes « détracteurs », je répondrais ceci :

Sur le court terme, on peut penser que c’est une perte de temps. Des choses à faire ? Oui ! J’en ai plein, comme tout le monde ! Quant au fait que cela me concerne ou non: je suis hétéro, célibataire, sans enfant ! Alors, c’est vrai, le mariage gay, la GPA… on me répliquera, c’est l’affaire des autres !

Sauf que je pense au long terme ;

Je pense à l’héritage que m’ont laissé mes aïeux, mes grands-parents, mes parents.
Je pense aux sacrifices qu’ils ont faits, parfois au prix de leur vie.
Je pense à la transmission, à la filiation ; à la chance que j’ai eue d’avoir une famille unie, aimante.
Je pense à la joie d’avoir connu mon père et ma mère et d’avoir pu poser mon regard d’enfant sur leur complémentarité, leur différence.

Ne serait-ce pas égoïste de ma part de vouloir garder cette joie pour moi ? N’est-ce pas plutôt çà la fraternité ? N’est-ce pas de partager avec d’autres, mon bonheur, ma joie, mon espérance ? Et de souhaiter la même chose aux autres ?

La loi «Taubira» a excellé dans la bêtise et l’aveuglement. Elle a répondu aux désirs de quelques personnes avec la volonté farouche de détruire le mariage et ses à-côtés. Elle a volontairement caché son objectif au nom du soi-disant «amour», ouvrant une brèche à la PMA, l’adoption plénière, la GPA ! Nous voilà confrontés au retour de la marchandisation des corps, de l’esclavagisme : on loue des ventres, des utérus, on achète des bébés, on monnaie des êtres humains sans défense, untel vaut tant ; mais l’homme, insatiable, en veut toujours plus et tombe dans une spirale destructrice.

Aujourd’hui, on choisit les le sexe et la couleur des yeux des bébés qu’on achète. Si l’on est pas content du rapport qualité/prix, s’il est trisomique ou handicapé, on l’avorte ou on l’abandonne. L’eugénisme qui nous révolte quand il s’agit d’Hitler et du nazisme, nous y plongeons tête baissée avec la loi autorisant la recherche sur l’embryon passée comme une lettre à la poste en juillet 2013.

Et voilà, pourquoi je veille depuis plus d’un an.

Je refuse de cautionner cela.
Je refuse de rester sans rien faire.
Je refuse de cacher la Vérité.
Je refuse de me mentir et de mentir aux autres sur les conséquences désastreuses de ces lois.
Je refuse la destruction de l’Homme par l’homme.
Je refuse de ne pas me battre pour la cause des enfants, des plus vulnérables.
Je refuse de faire partie d’un monde et de ne pas participer à sa marche.
Je refuse que des enfants soient les victimes collatérales de désirs d’adultes égoïstes.
Je refuse de penser que ces mêmes enfants ne connaîtront jamais leurs racines.
Je refuse de croire à une quelconque chance ou de soi-disant modernisme ou progrès pour ces enfants.
Je refuse un monde vide, lisse, dénué de sens au nom d’une quelconque égalité !
Je refuse le formatage, le lavage de cerveaux, la lobotomisation pratiquée comme dans la plupart des dictatures.
Je refuse de penser que mon engagement est vain, parce que je sais qu’aujourd’hui, de nombreuses personnes se battent, certaines commencent à ouvrir les yeux sur ce qu’il se passe en France et dans le monde.
Je refuse de baisser les bras devant la tâche qui nous incombe.
Je crois, au contraire, que le réveil est bel et bien en marche : lentement mais sûrement.

Je veux pouvoir dire plus tard à mes enfants et petits enfants que je me suis engagée, que j’ai fait ce que j’ai pu (avec mes petits moyens), que je me suis battue pour l’abrogation de ces lois.
Je veux pouvoir me regarder dans la glace sans rougir de moi-même.
Je veux pouvoir leur dire que des centaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues pour s’opposer à ces lois infâmes ;
Je veux pouvoir leur dire que lorsque tout paraît assombri, noir, il y a toujours la frange d’Or, l’Espérance, celle-là même que tant de veilleurs chantent, et que tant sentinelles portent en silence ;
Je veux qu’ils connaissent la différence, qu’ils s’y attachent, qu’ils voient dans le plus démuni, le plus faible, le « sans défense », un don, une chance, une joie.
Je veux préserver et transmettre les repères familiaux, sociaux et culturels.

« Le simple berger qui veille sous les étoiles, s’il prend conscience de son rôle, se découvre plus qu’un berger. Il est une sentinelle. Et chaque sentinelle est responsable de tout l’Empire ».
Saint Exupéry

Voilà plus d’un an que je veille, Place Vendôme ou ailleurs. Voilà plus d’un an que je prends mes responsabilités de citoyenne française et citoyenne du monde. Voilà plus d’un an que je m’élève contre ce système, contre le mépris de nos élites, contre la destruction de la famille, socle de toute société, contre l’individualisme, contre le relativisme, contre le transhumanisme, contre le non-respect de la dignité humaine (euthanasie, avortement, etc…), contre la désinformation de la classe politico-médiatique.

Je terminerai mon témoignage par ce texte d’Hélie de Saint Marc, que je trouve profond, donnant plein de sens au mot « engagement » et aux valeurs auxquelles je crois.

« Quand on a connu tout et le contraire de tout, quand on a beaucoup vécu et qu’on est au soir de sa vie, on est tenté de ne rien lui dire, sachant qu’à chaque génération suffit sa peine, sachant aussi que la recherche, le doute, les remises en cause font partie de la noblesse de l’existence. Pourtant, je ne veux pas me dérober, et à ce jeune interlocuteur, je répondrai ceci, en me souvenant de ce qu’écrivait un auteur contemporain :

«Il ne faut pas s’installer dans sa vérité et vouloir l’asséner comme une certitude, mais savoir l’offrir en tremblant comme un mystère».

A mon jeune interlocuteur, je dirai donc que nous vivons une période difficile où les bases de ce qu’on appelait la Morale et qu’on appelle aujourd’hui l’Éthique, sont remises constamment en cause, en particulier dans les domaines du don de la vie, de la manipulation de la vie, de l’interruption de la vie. Dans ces domaines, de terribles questions nous attendent dans les décennies à venir. Oui, nous vivons une période difficile où l’individualisme systématique, le profit à n’importe quel prix, le matérialisme, l’emportent sur les forces de l’esprit. Oui, nous vivons une période difficile où il est toujours question de droit et jamais de devoir et où la responsabilité qui est l’once de tout destin, tend à être occultée. Mais je dirai à mon jeune interlocuteur que malgré tout cela, il faut croire à la grandeur de l’aventure humaine. Il faut savoir, jusqu’au dernier jour, jusqu’à la dernière heure, rouler son propre rocher. La vie est un combat le métier d’homme est un rude métier. Ceux qui vivent sont ceux qui se battent. Il faut savoir que rien n’est sûr, que rien n’est facile, que rien n’est donné, que rien n’est gratuit. Tout se conquiert, tout se mérite. Si rien n’est sacrifié, rien n’est obtenu. Je dirai à mon jeune interlocuteur que pour ma très modeste part, je crois que la vie est un don de Dieu et qu’il faut savoir découvrir au-delà de ce qui apparaît comme l’absurdité du monde, une signification à notre existence. Je lui dirai qu’il faut savoir trouver à travers les difficultés et les épreuves, cette générosité, cette noblesse, cette miraculeuse et mystérieuse beauté éparse à travers le monde, qu’il faut savoir découvrir ces étoiles, qui nous guident où nous sommes plongés au plus profond de la nuit et le tremblement sacré des choses invisibles. Je lui dirai que tout homme est une exception, qu’il a sa propre dignité et qu’il faut savoir respecter cette dignité. Je lui dirai qu’envers et contre tous il faut croire à son pays et en son avenir. Enfin, je lui dirai que de toutes les vertus, la plus importante, parce qu’elle est la motrice de toutes les autres et qu’elle est nécessaire à l’exercice des autres, de toutes les vertus, la plus importante me paraît être le courage, les courages, et surtout celui dont on ne parle pas et qui consiste à être fidèle à ses rêves de jeunesse. Et pratiquer ce courage, ces courages, c’est peut-être cela «L’Honneur de Vivre». »

Hélie de Saint Marc

Ladybird (@choukV)

Licence Creative Commons
Chaque sentinelle est responsable de tout l’empire de Ladybird (@choukV) est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 4.0 International.

Une réflexion sur “Chaque sentinelle est responsable de tout l’empire

  1. Chère A…,
    J’ai encore en mémoire cette longue conversation sur l’engagement, que nous avions eue un soir de juillet dernier, quand tu veillais sur l’empire.
    Ce sont des filles comme toi que nous aurions dû rencontrer quand, jeunes et idéalistes, nous faisions de la politique.
    Un veilleur mesurera-t-il bientôt sa chance?

    Un admirateur.

    p.s : ton idée était bonne, le bouquet de fleurs a arrangé beaucoup de choses….

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s