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L’urgence de parler au nom de la vérité et de la conscience

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Sur le côté de la préfecture de Vannes, des pavés, un muret et un éclairage fade… Ils ont été témoins de drôles de choses depuis un an, sous l’œil énigmatique de la vidéosurveillance…


Moi, je m’y suis rendue tous les jeudis soirs entre avril et octobre, et un jeudi sur deux depuis le mois de novembre – à 1 ou 2 exceptions près. J’y ai vu des rassemblements, des gros, des petits, des moyens, puis des plus petits encore, mais réguliers. J’y ai vu des bougies, en nombre généreux, des textes, des phrases, des citations ; j’ai entendu des voix, légères, profondes, aigrelettes ou éraillées ; j’ai entendu de la poésie, beaucoup de philosophie, du théâtre, des articles, des tribunes, des critiques, des réflexions, des injures, des klaxons enthousiastes, des idées toutes faites, des arguments bons ou mauvais, de nombreuses et longues discussions !


J’y ai rencontré des hommes ou des femmes révoltés, scandalisés, blasés, attentistes, jeunes, vieux, très jeunes, très vieux, intelligents, simples, endormis, attristés, colériques, patients, seuls, ou en groupe, étonnés, injurieux ou encore respectueux ; j’ai constaté bien des fois, avec un grand sentiment d’impuissance, les murailles qui se dressent entre les membres de notre société ; et éprouvé l’urgence de parler au nom de la vérité et de la conscience. J’ai senti, aussi, une belle fraternité – quelque chose de chaleureux, de sincère, de bienveillant.


J’y ai vu un homme d’âge mûr pleurer de lire Charles Péguy parlant d’espérance ; j’ai vu une femme tétanisée par un simple regard ; j’ai vu des visages fermés et durs, des airs agacés ou réjouis… J’ai vu la noblesse de ceux qui se savent fragiles, et qui à ce titre même sont déterminés à témoigner de la vérité, de la réalité de la personne humaine, de ses failles et de ses besoins.
J’ai vu la bêtise de ceux qui veulent imposer par la force ou la fureur leurs propres vérités.


J’ai vu tout cela, entendu, senti, humé l’air du soir ; j’ai parlé, beaucoup parlé, et médité.


En bref, ce que j’ai observé sur ce bout de trottoir, c’est de la grande humanité.

 

@veilleursvannes

 

 

 

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